Ce matin je rangeais les affaires dans ma chambre. Quel bordel! Par hasard, j'ai trouvé l'un de mes journaux intimes en dépliant un papier chiffonné. Je ne me rappelle plus quand cela a été ecirt, mais sans doute dans une saison ou il y avait peu de couleurs.
* * *
Jeudi dernier, il faisait un froid sibérien. Je restais dans la chambre toute seule, bien tranquille. Devant la fenêtre, en me frottant les mains pour me réchauffer, je regardais un manteau blanc lumineux recouvrir doucement les toits des maisons au loin et les sapins indifférents au froid. Oui, il neigeait. Il neigeait de plus en plus fort. Les flocons voltigeaient dans le ciel. Tombés par terre, ils ont embelli le campus. Cela a donné une occasion précieuse de jouer avec la neige à nous autres qui restent encore des enfants jusqu'à un certain point. Fou de joie, on se lançait des boules de neige sur le terrain de sport.
On bénit la nature de nous avoir offert un Nouvel An blanc alors qu'en Asie du Sud les gens ont passé en deuil la fête assombrie par les conséquences dramatiques des raz-de-marée. Ils auraient fait au moins 150,000 morts et laissé des milliers et des milliers de personnes sans abri.
Comparée à ces gens-là, je me sens bien heureuse. Malgré que dans l'université notre chambre ne soit pas climatisée, que tous les réchauds électriques y soient interdits, et que pour aller chercher de l'eau chaude, il nous faille descendre du dortoir et puis remonter au 5ème étage avec plusieurs thermos tout pleins, du moins en plein hiver je peux quand même avoir un coin calme pour lire un roman en sirotant un café chaud.
Il arrive souvent que l'on ne s'aperçoit pas de ce que l'on possède, ou que l'on s'en moque. Ça me fait penser au roman d'Alphonse DAUDET "La dernière classe". Je ne sais si l'on pleurera dans notre dernière classe de M. SHU. Pour ne pas nous laisser trop de regrets, il vaut mieux saisir tous les moments actuels. Comme la neige qui a déjà fondu sans laisser la moindre trace, le temps s'enfuit à notre insu, les jours qui s'en vont ne reviendront jamais.